Les professionnels du monde hippique (établissements d’enseignement de l’équitation, écuries de chevaux, centres d’entrainement, hippodromes, organisateurs de concours hippiques…) ont un grand besoin d'eau. Tout d’abord cette denrée est nécessaire à l’abreuvement des chevaux tout au long de l’année. Sur une période annuelle plus réduite, mais qui correspond aussi avec les périodes de sécheresse estivale, l’eau devient précieuse pour le bien être des chevaux, les douches sont alors fréquentes pour maintenir un niveau correct d’hydratation et de température corporelle des animaux. La plupart des centres hippiques se servent de l’eau comme matière première, par exemple pour préparer les pistes avant les épreuves. Sans eau, l’activité du monde équestre et toute l’économie qui en découle seraient mises en péril.
Or, nous sommes dans un contexte de raréfaction de la ressource en eau, certaines régions sont d’ailleurs pénalisées davantage que d’autres.
Ces dernières années, le Ministère de l’Ecologie et les services départementaux concernés ont fait état de nombreux arrêtés de limitation des usages de l’eau qui peuvent aller des mesures limitées à la restriction totale. L’Agence de l’eau évalue le prix moyen de l'eau en France à 2 € le m3. Mais des variations peuvent aller de quelques euros à 6 euros le m3.
De fait, la filière équine se penche sur la question de la pérennité du fonctionnement actuel « surconsommateur d’eau ». Parmi les solutions les plus pointues mises en avant récemment dans un article du GHN (Groupement Hippique National), de nouveaux sols hippiques permettront de ne plus utiliser d’eau (des revêtements innovants sont à l’étude). Récupérer les eaux pluviales et recycler les eaux de service peuvent être des solutions intéressantes. Par exemple, avec des aménagements fiables et des systèmes adéquats, le traitement des eaux issues des receveurs des douches peut permettre de les réutiliser pour les chasses d’eau des sanitaires et pour les arrosages des sols hippiques.
Le CCHN a mené en 2007 des premières recherches sur le sujet qui restent à approfondir en collaboration avec l’ADEME notamment mais aussi avec les professionnels locaux spécialisés dans le domaine comme la société OZELO à Dieppe par exemple.
L’investissement le plus courant est d’installer un récupérateur d’eau, sorte de cuve extérieure, posée à même le sol ou enterrée. Des récupérateurs peuvent également être installés à l’intérieur des bâtiments, ou en sous-sol par exemple, voire sur la toiture. Ces récupérateurs sont ensuite reliés aux gouttières et au système d’évacuation d’eau. Ce type d’aménagement se prête tout à fait bien aux infrastructures hippiques qui présentent des surfaces de toitures importantes liées au manège et aux écuries. Sachant que les matériaux sur lesquels glisse l'eau de pluie influent sur sa qualité. Ainsi, les toits en matériaux naturels sont préférables: tuiles, de préférence émaillées, ardoises naturelles, zinc et même bardeaux de bois. Pour la citerne, les matières idéales sont celles qui neutralisent l'acidité naturelle de l'eau de pluie : béton ou pierres calcaires.
Le coût d’une cuve peut varier de 2000 à 10000 € selon la contenance et le type de traitement de l’eau. Pour les structures hippiques, les cuves de grande contenance (100m3) sont mieux appropriées.
Un système de récupération uniquement destiné aux usages extérieurs peut s'installer soi-même. En revanche, pour passer à un usage domestique, il faut prévoir l'installation par un professionnel, plombier ou spécialiste. Les travaux comprennent : l'excavation, la mise en terre de la cuve, le raccordement de la pompe au circuit de l'eau.
L'AREHN, Association régionale de l'Environnement de Haute-Normandie a publié une
brochure sur la valorisation de l'eau de pluie qui donne un aperçu de ce qu'on peut faire ou ne pas faire.
Article mis en ligne le 19/06/2008.